
L’AUD/USD évolue en baisse lundi, le dollar australien (AUD) sous-performant toutes les autres grandes devises. Les opérateurs réduisent probablement leur exposition avant l’annonce de politique monétaire de la Banque de réserve d’Australie (RBA) mardi, ce qui pèse sur la devise australienne malgré le repli du dollar américain (USD). Au moment de la rédaction, la paire s’échange autour de 0,7010, près de ses plus bas depuis une semaine, en baisse de 0,33 % sur la journée.

La RBA devrait, selon un large consensus, relever ses taux d’intérêt de 25 points de base (pb), ce qui constituerait sa cinquième hausse cette année et porterait son taux directeur à 4,85 %, son plus haut niveau depuis 2008. L’inflation reste supérieure à la fourchette cible de 2 % à 3 % de la banque centrale : la hausse de l’indice global des prix à la consommation (IPC) a accéléré à 4,3 % sur un an en septembre, contre 4,0 % en août. L’inflation annuelle mesurée par la moyenne tronquée a également progressé à 3,6 %, contre un chiffre révisé de 3,5 % précédemment.
Les stratégistes de change de Rabobank soulignent qu’« il existe un risque de nouvelles hausses des taux, selon l’évolution du prix du pétrole après les élections de mi-mandat aux États-Unis ». La récente « atonie de l’AUD » témoigne des craintes du marché que la gouverneure Bullock ne fasse état d’inquiétudes croissantes concernant « la santé de l’économie réelle ». Selon eux, « en termes simples, les anticipations d’un nouveau resserrement monétaire de la RBA devraient se renforcer si Bullock axe ses commentaires de demain sur les risques inflationnistes, et s’atténuer si, à l’instar de la RBNZ, elle se concentre plutôt sur les freins à l’activité économique ».
Par ailleurs, en Chine, l’indice des directeurs d’achat (PMI) manufacturier RatingDog a légèrement reculé à 52,0 en octobre, contre 52,1 précédemment, mais a dépassé les prévisions de 51,6. La production manufacturière a enregistré sa croissance la plus rapide depuis six mois, tandis que la hausse des commandes à l’exportation a ralenti et que la confiance des entreprises est tombée à son plus bas niveau depuis neuf mois. Ces données dressent un tableau contrasté de la conjoncture chez le principal partenaire commercial de l’Australie.
Les cours du pétrole ont chuté de plus de 4 % lundi après qu’Axios a rapporté que le président américain Donald Trump souhaitait laisser davantage de temps à la diplomatie avec l’Iran. Le président iranien Massoud Pezeshkian a également déclaré que le Guide suprême avait accordé au gouvernement certains pouvoirs en matière de négociations, selon ISNA. Ces développements font suite à un article du Wall Street Journal publié la semaine dernière, selon lequel Washington avait averti les États du Golfe de se préparer à une éventuelle action militaire contre l’Iran après les élections de mi-mandat aux États-Unis.
Dans le même temps, le dollar américain reste sous pression malgré les perspectives de fermeté monétaire de la Réserve fédérale (Fed), les opérateurs faisant preuve de prudence avant les élections américaines de mi-mandat de mardi. Le recul des rendements des bons du Trésor pèse également sur le billet vert, le récent mouvement de vente dans le secteur technologique, mené par les valeurs liées à l’IA, stimulant la demande d’obligations d’État. L’indice du dollar américain (DXY), qui mesure l’évolution du billet vert face à un panier de six grandes devises, se situe autour de 101,65, près de ses plus bas depuis une semaine.
Les opérateurs se tournent désormais vers les données économiques américaines pour trouver des indices sur la prochaine décision de la Fed, qui a maintenu ses taux dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 % la semaine dernière. L’indice ISM manufacturier sera publié plus tard lundi, suivi mardi des données JOLTS sur les offres d’emploi. Mercredi seront publiés les chiffres ADP de l’emploi et l’indice ISM des services, tandis que le rapport sur l’emploi non agricole (NFP), attendu vendredi, clôturera la semaine.
Le tableau ci-dessous présente la variation en pourcentage du dollar australien (AUD) face aux grandes devises indiquées aujourd’hui. Le dollar australien a enregistré sa meilleure performance face au yen japonais.
| USD | EUR | GBP | JPY | CAD | AUD | NZD | CHF | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| USD | -0,58 % | -0,23 % | 0,13 % | 0,08 % | 0,36 % | 0,06 % | -0,72 % | |
| EUR | 0,58 % | 0,36 % | 0,73 % | 0,66 % | 0,94 % | 0,66 % | -0,11 % | |
| GBP | 0,23 % | -0,36 % | 0,40 % | 0,31 % | 0,58 % | 0,30 % | -0,46 % | |
| JPY | -0,13 % | -0,73 % | -0,40 % | -0,05 % | 0,21 % | -0,07 % | -0,86 % | |
| CAD | -0,08 % | -0,66 % | -0,31 % | 0,05 % | 0,28 % | -0,02 % | -0,77 % | |
| AUD | -0,36 % | -0,94 % | -0,58 % | -0,21 % | -0,28 % | -0,27 % | -1,05 % | |
| NZD | -0,06 % | -0,66 % | -0,30 % | 0,07 % | 0,02 % | 0,27 % | -0,76 % | |
| CHF | 0,72 % | 0,11 % | 0,46 % | 0,86 % | 0,77 % | 1,05 % | 0,76 % |
La carte thermique présente les variations en pourcentage des grandes devises les unes par rapport aux autres. La devise de base est sélectionnée dans la colonne de gauche, tandis que la devise de cotation est sélectionnée dans la ligne supérieure. Par exemple, si vous choisissez le dollar australien dans la colonne de gauche et suivez la ligne horizontale jusqu’au dollar américain, la variation en pourcentage affichée dans la case correspondra à la paire AUD (devise de base)/USD (devise de cotation).