
Le peso mexicain s’est affaibli pour la deuxième journée consécutive, perdant plus de 1,49 % face au dollar américain, alors que le conflit entre les États-Unis et l’Iran continue de soutenir les cours du pétrole, augmentant la probabilité que la Réserve fédérale relève ses taux d’intérêt pour maîtriser une inflation élevée. L’USD/MXN s’échange à 18,70, près de ses plus hauts de 11 mois.

L’escalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran semble peser sur le peso. Selon de récentes informations, un responsable américain a déclaré que le département d’État se préparait à ordonner le départ de certains membres du personnel et de leurs familles des ambassades américaines situées à proximité du golfe Persique.
Plus tôt, le ministre iranien des Affaires étrangères avait déclaré que l’Iran était prêt à donner une nouvelle chance à la diplomatie, mais que si les États-Unis choisissaient la guerre, cela se solderait par un échec stratégique encore plus important. Parallèlement, l’agence Fars a fait état de plusieurs explosions entendues à Sirik, dont l’origine et la nature demeurent inconnues.
Lorsque les tensions s’intensifient au Moyen-Orient, les intervenants de marché vendent généralement les devises sensibles au risque, comme le peso mexicain, et se réfugient dans le dollar américain.
Par ailleurs, le resserrement de l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et le Mexique favorise une poursuite de la hausse de la paire USD/MXN. Vers la fin de 2026, cet écart passera de 250 à 200 points de base, la Fed devant relever ses taux en décembre, tandis que la Banque du Mexique (Banxico) devrait maintenir les siens inchangés en 2026 et jusqu’à la fin de 2027, selon les prévisions des analystes interrogés dans le cadre de l’enquête Citi Mexico Expectations Survey.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a déclaré qu’un accord commercial avec les États-Unis était « très proche », même si certaines questions restaient en suspens. Son homologue américain, le président Donald Trump, a affirmé qu’un « excellent accord commercial avec le Mexique est très proche ».
Cette nouvelle est positive pour le Mexique : une résolution rapide des questions commerciales et tarifaires avec son principal partenaire commercial, les États-Unis, soutiendrait le peso. Elle fait suite à un article du Wall Street Journal du 15 octobre indiquant que les avancées sur les droits de douane et un accord commercial étaient au point mort.
Les investisseurs attendent les chiffres des ventes au détail d’octobre au Mexique ainsi que les données d’inflation de la première quinzaine du mois. Aux États-Unis, le calendrier comprend les inscriptions au chômage pour la semaine close le 17 octobre, les indices PMI préliminaires de S&P Global et l’indice définitif de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan pour octobre.
Sur le graphique journalier, l’USD/MXN s’échange à 18,6908 et prolonge sa progression nettement au-dessus de la dernière zone de convergence de trois moyennes mobiles simples, autour de 17,5087, qui étaye désormais un biais haussier à court terme. Le cours se maintient largement au-dessus du précédent support horizontal à 16,8866, tandis que l’indice de force relative (RSI à 14 périodes) reste dans une zone élevée, près de 73. Cela témoigne d’une dynamique haussière soutenue, mais de plus en plus tendue, à mesure que la paire s’éloigne de ses moyennes à moyen terme.
À la baisse, un premier support se situe au niveau des trois moyennes mobiles simples, près de 17,51, suivi de la ligne horizontale plus éloignée à 16,89 en cas de correction plus profonde. Si aucun niveau de résistance proche identifié ne freine actuellement le mouvement, le RSI en zone de surachat laisse penser que toute nouvelle hausse depuis les niveaux actuels pourrait donner lieu à une consolidation ou à un repli vers la zone de 17,50 avant que les acheteurs ne tentent d’amorcer une nouvelle phase haussière.
(L’analyse technique de cet article a été rédigée à l’aide d’un outil d’IA. En savoir plus.)
Le peso mexicain (MXN) est la devise la plus échangée d’Amérique latine. Sa valeur dépend largement des performances de l’économie mexicaine, de la politique de la banque centrale du pays, du montant des investissements étrangers dans le pays et même du volume des transferts de fonds effectués par les Mexicains vivant à l’étranger, notamment aux États-Unis. Les évolutions géopolitiques peuvent également faire varier le MXN : par exemple, le processus de relocalisation de proximité, ou « nearshoring » – c’est-à-dire la décision de certaines entreprises de rapprocher leurs capacités de production et leurs chaînes d’approvisionnement de leur pays d’origine – est également considéré comme un catalyseur pour la devise mexicaine, le pays étant perçu comme un pôle manufacturier majeur sur le continent américain. Les cours du pétrole constituent un autre catalyseur pour le MXN, le Mexique étant un important exportateur de cette matière première.
L’objectif principal de la banque centrale du Mexique, également appelée Banxico, est de maintenir l’inflation à un niveau bas et stable, égal ou proche de sa cible de 3 %, soit le point médian d’une fourchette de tolérance comprise entre 2 % et 4 %. À cette fin, elle fixe un niveau de taux d’intérêt approprié. Lorsque l’inflation est trop élevée, la Banxico tente de la maîtriser en relevant les taux d’intérêt, ce qui renchérit le coût du crédit pour les ménages et les entreprises et freine ainsi la demande et l’économie dans son ensemble. Des taux d’intérêt plus élevés sont généralement favorables au peso mexicain (MXN), car ils entraînent une hausse des rendements, ce qui rend le pays plus attractif pour les investisseurs. À l’inverse, des taux d’intérêt plus bas tendent à affaiblir le MXN.
Les publications de données macroéconomiques sont essentielles pour évaluer l’état de l’économie et peuvent avoir une incidence sur la valorisation du peso mexicain (MXN). Une économie mexicaine solide, caractérisée par une forte croissance, un faible chômage et une confiance élevée, est favorable au MXN. Elle attire non seulement davantage d’investissements étrangers, mais peut aussi inciter la Banque du Mexique (Banxico) à relever ses taux d’intérêt, en particulier si cette vigueur s’accompagne d’une inflation élevée. En revanche, si les données économiques sont faibles, le MXN risque de se déprécier.
En tant que devise d’un marché émergent, le peso mexicain (MXN) tend à se renforcer lors des périodes d’appétit pour le risque, c’est-à-dire lorsque les investisseurs estiment que les risques sur les marchés dans leur ensemble sont faibles et sont donc disposés à réaliser des investissements plus risqués. À l’inverse, le MXN tend à s’affaiblir en période de turbulences sur les marchés ou d’incertitude économique, car les investisseurs ont tendance à vendre les actifs plus risqués pour se réfugier dans des valeurs refuges plus stables.